La méga-porcherie de Landunvez était bien illégale
Le jugement
Le tribunal administratif de Rennes vient de prononcer l’annulation de l’autorisation
d’extension de la porcherie industrielle Avel Vor, à Landunvez. Cette décision donne raison à Eau et Rivières de Bretagne, Avenir et environnement en pays d’Iroise (AEPI) et à l’Association pour la protection et la promotion de la Côtes des légendes (APPCL), toutes trois conjointement impliquées dans cette affaire depuis la signature de l’arrêté du préfet du Finistère, le 1er avril 2016.
Le tribunal reconnaît que l’étude d’impact présentée par l’exploitant était insuffisante, que ce dernier n’a pas été en mesure de répondre aux interrogations de l’autorité environnementale ainsi qu’à l’avis défavorable du commissaire enquêteur. Il indique notamment que les effets cumulatifs ne sont pas appréciés comme ils auraient dû l’être.
Pour rappel, cette porcherie de plus de 12.000 animaux produit plus de 26.000 porcs charcutiers par an, sur une commune littorale saturée par ce type d’élevages et ou les plages sont régulièrement fermées.
Et maintenant ?
En toute logique, le préfet devra mettre en demeure l’exploitant de déposer une nouvelle demande d’autorisation. L’autorité administrative doit se rendre à l’évidence : un tel projet du passé ne saurait se régulariser compte-tenu du contexte environnemental. Nos trois associations demandent un retour au cheptel d’avant l’extension dans les plus brefs délais et seront très attentives à ce que le jugement soit suivi d’effets.
Pas une victoire mais un symbole
Cette victoire n’est pas une victoire pour nos associations, c’est la fin d’une longue bataille dont nous nous serions bien passés.
Ce jugement est tout de même un désaveux pour l’Etat ainsi que pour le lobby porcin, dont M. Bizien, l’exploitant en question, est un symbole. C’est lui qui préside Evel up, anciennement Aveltis, la plus grande coopérative porcine du Finistère.
La justice rappelle au préfet qu’en accordant des autorisations d’agrandissement pour des méga-élevages, au mépris de l’avis du commissaire enquêteur et de l’autorité environnementale, il ne protège ni la nature, ni la santé des habitants, ni la démocratie.
